Faut-il se connaitre pour être heureux ?

Au fronton du temple d’Apollon à Delphes était gravée une injonction que les Grecs considéraient comme un impératif fondamental : Gnôthi seauton — « Connais-toi toi-même ». Cette formule, que Socrate fera sienne dans ses dialogues avec les Athéniens, suggère que la connaissance de soi n’est pas un luxe intellectuel. C’est une exigence au service de l’examen collectif et permanent de ce que nous sommes, de ce que nous voulons, de ce qui vaut vraiment. Or cet examen de soi n’était pas détaché de la question du bonheur, bien au contraire, il en constituait la voie essentielle. La question qui nous est posée reprend cette intuition fondamentale : Faut-il se connaître pour être heureux ?

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